L’économie circulaire par Philippe Mascaras.

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Nombreux sont ceux qui s’acharnent à vouloir améliorer notre futur environnemental par une « lutte » permanente opposant progrès (nouvelles technologies, nucléaire,.. ) et contraintes (réduction de la circulation en ville, normes écologiques dans le bâtiment, ….).

Et si le réel progrès était de voir l’émergence à grande échelle d’une nouvelle économie, appelée « économie circulaire ». Car, produire pour jeter semble effectivement devenir une aberration notamment dans un contexte économique morose qui touche de plein fouet toutes les économies dites modernes.

A contrario, les pays en voie de développement sont encore à rêver de modernisme et d’accès aux richesses, sans bien évidemment se préoccuper réellement d’écologie ou de normes.

De nombreuses études et rapports laissent présager la création et l’émergence d’un pan nouveau de notre économie mondiale, facilement duplicable dans la plupart des pays, y compris ceux dits émergents, à condition de s’imposer quelques règles pour éviter dérives en tout genre, tel que cela a été partiellement montré dans un numéro récent d’ « Envoyé Spécial » au sujet de la filière textile.

Pourquoi en effet ne pas imaginer une économie, un système solide, visant à produire à partir de biens recyclés ? C’est déjà le cas pour le plastique et le verre. Pourquoi ne pas aller plus loin ?

Prenons le cas justement de la filière textile.

Par opposition au modèle « linéaire » consistant à « extraire / fabriquer / jeter », il est tout à fait envisageable de créer un modèle vertueux circulaire visant à « récupérer / retraiter / vendre puis récupérer de nouveau.

Dans le textile, une partie du chemin est déjà réalisé, grâce notamment aux fameuses box qui sillonnent nos trottoirs. Mais contrairement à ce qui a été montré dans le reportage « Envoyé Spécial », le modèle circulaire évoqué ici vise à redynamiser nos déserts industriels, donner du travail à certaines population qui n’en ont hélas plus, tout en créant de la richesse dans un secteur ou les stocks de produits à recycler ne cessent d’augmenter.

Comment ?

C’est le savoir-faire proposé par la société U-Clife qui, à partir de matières premières disponibles, en stock dans certains centres de tri, propose de donner une seconde vie à ces chemises, pantalons, et autres vêtements de travail.

Comme le résume Philippe Mascaras, en charge des relations investisseurs pour U-Clife, « Nous avons bâti ce projet en 10 piliers forts, qui sont l’essence même de la marque et de sa vision : Ecologique, Sociétal, Industriel, Français, International, Economiquement viable, Innovant, Attendu, Récurrent et Solide. »

Concrètement, après avoir effectué tous les traitements de recyclage possible (chiffons, vêtements vintage, défibrage, effilochage, broyage, exportation ou même destruction pure et simple), l’idée est venue de donner une seconde vie à ce textile dont personne ne veut.

A la fin d’un process industriel éprouvé, il en ressort une gamme de tissus harmonieux, produits à la demande et destinés aux acteurs du textile (distributeurs, marques, éditeurs de tissus,..) pour créer de nouvelles tendances de produits finis (sacs, rideaux, housses, tapis, mobilier, nappes ….).

Cet exemple démontre qu’une autre voie est possible et qu’à partir de « déchets », il est possible de produire de la nouveauté, de créer des tendances et de rester dans la mode, pilier du secteur Textile.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là : car au delà de cette vision écologique, il existe aussi une dimension sociétale et humaine. Participer à un projet écologique, c’est aussi ouvrir ses yeux sur le respect et la défense d’une certaine éthique, visant à donner ou redonner du travail pour tous. Redynamiser les bassins industriels oubliés (notamment dans la filière textile), contribuer à l’insertion sociale des travailleurs handicapés, en deux mots, raisonner autrement que simplement pour soi, voilà quelques valeurs faisant défaut de nos jours, dans une culture de l’éphémère et de la « peoplesation », sur lesquelles il serait bon de se pencher dans le cadre d’une démarche de renouveau.

Car, pour finir, c’est bien là le constat de ce début de 21ème siècle : les anciennes recettes fonctionnent de plus en plus difficilement.

A ce titre, évoluer vers un mode de production alternatif, préserver nos ressources naturelles, abaisser les couts de production par un coût d’achat des matières première plus faibles et donner du sens à nos vies et à celles de nos voisins, voilà un défi à relever et qui ne demande qu’à être propulsé.

Pour autant, ce modèle encore fragile reste à préciser : quid de la rentabilité et du développement à long terme ? Parmi les règles à se fixer, il est fort à parier que cette nouvelle économie n’aura pas vocation à se substituer systématiquement à tous business models actuels.

L’économie circulaire doit être explorée de multiples façons. Certains, comme par exemple la société U-Clife ont déjà commencé et ne demandent qu’à aller plus loin encore. Pour Philippe Mascaras, « à notre stade de développement, c’est désormais une question de financement pour aller plus vite et être encore plus innovant dans nos collections ». La société U-Clife est en cours de recherche de financement et espère boucler son opération dans le courant de l’année 2015.

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